Hyderabad : Ville des Nizams
Occupant un territoire pratiquement aussi vaste que le Royaume-Uni, Hyderabad était jadis l'état indien le plus riche, le plus grand, et le plus puissant. Au XVIème siècle, Hyderabad est devenue l'un des endroits les plus importants au monde en matière de commerce de diamants, de perles et d'acier. C'est à cette époque que la ville a développé sa culture indo-perse et indo-musulmane, sa réussite et sa richesse attirant les voyageurs (parmi lesquels Marco Polo) venus de Perse, de Turquie et d'Arabie. Hyderabad séduisait les poètes, les érudits et les artistes, et les célébrités culturelles du moment s'y côtoyaient. Mais le succès et la prospérité d'Hyderabad attirèrent aussi un flot constant de souverains qui voulaient leur part de sa richesse, et la ville passa de main en main, connaissant successivement apogées et déclins, au gré des différents régimes. En 1947, au moment de l'indépendance des Indes, Hyderabad, était l'un des États princiers les plus importants et les plus riches du ''Raj'' britannique dont le souverain - le Nizam - à son apogée durant les années 1930, étant l'un des hommes le plus riche au monde, son palais employant quelques 11 000 domestiques.
La principauté d'Hyderabad avait été fondée à la fin du XVIe siècle (en 1586) par Muhammad Qulî Qutb Shâh (cinquième sultan de la dynastie des princes de Golconde). Ce territoire fut conquis par la suite - en 1686-1687 - par l'empereur moghol Aurangzeb (alors en guerre dans le Deccan contre les Marathes et les sultanats chiites). Cependant, après la disparition d'Aurangzeb (en 1707), l'empire moghol ne tarda pas à s'affaiblir. Finalement, la ville fut prise par Asaf Jah I, qui s'autoproclama Nizam (dérivé du mot Urdu, Nizam-ul-Mulk, qui signifie "chef du royaume") et déclara son indépendance en 1724. Progressivement, sous la dynastie Asaf Jah, Hyderabad retrouva sa place de ville majeure, et reçut le surnom de "Ville des Nizams". Généreux mécènes en matière de littérature, d'art, de culture, de joaillerie, et de gastronomie les Nizams, dirigèrent Hyderabad pendant plus de 200 ans, jusqu'à l'indépendance de l'Inde, en 1947. Ainsi, en 1947, le Nizam d'Hyderabad Fath Jang Mir Osman Ali Khan, de religion musulmane, refusa tout d'abord d'intégrer sa principauté dans l'Union indienne, exigeant la création d'un État séparé d'environ 20 millions d'habitants, en très forte majorité hindou, alors plutôt favorables au rattachement du sultanat d'Hyderabad à l'Union indienne. C'est pourquoi, le sardar Vallabhbhai Patel - l'homme à poigne du gouvernement de New Delhi - fit envahir le sultanat d'Hyderabad par l'armée indienne. En 1948, les troupes de l'armée indienne s'emparèrent de la principauté, incorporée dans l’union indienne dès l’année suivante. Par la suite, en 1956, l'État d'Hyderabad allait être divisé suivant des considérations linguistiques : la région nord-est (région de langue télougou, comprenant la ville de Hyderâbâd), devenant une partie de l'État de l'Andhra Pradesh, la région occidentale (région de langue kannada) formant partie du Karnataka et, au nord-ouest, le Marathwada (région de langue marathe), intégrant alors l'Etat de Bombay et formant ainsi l'Etat du Maharashtra. Le Taj Falaknuma, ville des Nizams, des perles, des sourires et des lumières Voir aussi "Hyderabad : des sourires, des lumières, des visages par milliers" Voir aussi : "Shopping: Hyderabad, un diamant brut"
Vendredi 9 Juillet 2010
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